Affelnet 2018

L’affectation des élèves au lycée est un sujet crucial et anxiogène pour les familles à Paris.

La prise en compte l’an dernier d’un nouveau système d’évaluation des acquis des élèves a fortement compliqué la compréhension de la procédure pour les familles et rendu très difficile l’anticipation des affectations par les enfants comme par leurs parents.
Nous pensons que la décision prise cette année, par le ministère, de renforcer la part des résultats de l'élève dans les différentes disciplines renseignés dans les bilans périodiques de la classe de 3ème permettra de rendre la procédure un peu plus lisible pour les parents.


L’académie de paris propose cette année de prendre en compte un nouveau critère pour effectuer l’affectation dans les lycées, ainsi les élèves non boursiers scolarisés en collège situé en éducation prioritaire depuis la classe de 6ème se verront attribués un bonus additionnel.

 Cette mesure nous paraît particulièrement problématique pour de nombreuses raisons, en particulier :

- L’affectation des élèves en collège dépend de la sectorisation, elle est décidée par le Conseil de Paris, elle dépend uniquement de l’adresse du domicile familial, les parents ne peuvent donc en aucun cas choisir le collège public d’affectation de leurs enfants. Ce nouveau bonus est donc un bonus accordé en fonction de l’adresse des parents sur les quatre dernières années.

- Ce bonus va de fait créer trois types d’élèves au sein des collèges REP parisiens, les élèves boursiers qui bénéficient à juste titre d’un bonus important en fin de 3ème, les élèves non boursiers scolarisés depuis la 6ème dans ces établissements qui bénéficieront d’un bonus et enfin les élèves non boursiers dont les parents auront emménagé après la 6ème et dont les enfants ne bénéficieront d’aucun bonus. Cette classification des élèves au sein d’un même établissement ne nous semble pas aller dans le sens de l’école de l’égalité et de la sérénité.

- Elle rend encore plus complexe une procédure d’affectation déjà difficile à appréhender pour les familles.

- Avec la mise en place d’un tel bonus, pratiquement 50% des élèves du district Est bénéficieront d’un bonus (boursier ou non boursier éducation prioritaire) cette année. Cette mesure est ressentie comme fortement discriminatoire par les familles.

- D’un point de vue réglementaire, il est prévu que la procédure Affelnet-lycée puisse prendre en compte le secteur géographique du lieu de résidence de l’élève, mais il n’est pas indiqué qu’elle pouvait prendre en compte le lieu de résidence des parents des 4 dernières années. Alors qu’une nouvelle réglementation européenne stricte sur la protection des données personnelle rentre en vigueur très prochainement, nous trouvons extrêmement préoccupant et nous nous interrogeons sur le fait qu’un système informatique conserve et exploite des informations sur les lieux de résidence des familles des 4 dernières années.


Nous sommes bien loin de la transparence et de l’équité à l’origine de la procédure.

L’objectif avoué de ce nouveau bonus est de renforcer l’attractivité des collèges situés en éducation prioritaire.

La ségrégation scolaire est problématique à Paris mais nous ne comprenons pas comment cette offre de points de bonus aux élèves de certains établissements en fin de 3ème peut contribuer à lutter contre cette ségrégation et comment elle pourrait redonner la confiance en l’école publique que certains parents ont malheureusement perdue.

Cette mesure, prise sans présentation des simulations et de fait sans réelle concertation, risque en revanche de renforcer la défiance des parents face à l’Institution.

Les responsables d’associations de parents d’élèves PEEP de Paris réunis en assemblée générale lundi 26 mars ont rejeté de façon unanime la mise en place du nouveau système de bonus pour les élèves non boursiers scolarisés en collège situé en éducation prioritaire depuis la classe de 6ème.

Pour construire l’école de la confiance, il est nécessaire que les procédures d’affectation des élèves soient justes et compréhensibles par les enfants et les parents.